EXPO JLC
Jean-Louis Couturier
« Lézard lubrique »
Quelle que soit l’heure ou la saison, je pars explorer les cavernes végétales de la forêt, équipé d’un carnet à dessin à feuilles noires, de pastels et crayons à dessin blancs.
J’emmène, l’équivalent en noir, prêt à dessiner noir sur noir. Je divague dans les carrés forestiers simplement à l’écoute de mes sensations visuelles, auditives et olfactives.
Le contraste soudain, entre les vibrations de la lumière et l’obscurité de la canopée, me révèle le motif qui s’impose à mon regard. Ce sont des fantasmagories, des chimères que le vent ou la broussaille dissimulent avec ironie. Je ne doute plus alors de ce que je vois.
La perception d’un instant précis guide mon geste et mon regard. L’alentour n’existe plus. S’opère en moi une double lecture simultanée, l’une prosaïque –la nature dans son aspect le plus nu, le plus brut–, l’autre fantasmatique. La lumière, à travers la canopée, me suggère aussitôt des titres, des récits : « La Becquée de Grand-mère, Lézard lubrique, Le Boa amoureux, le Chat du Cheshire… »
Au second plan, je trace quelques éléments naturels environnant le motif dans sa profondeur. J’entame alors une “ conversation ” avec le sujet que je dessine. Il n’hésite pas à me répondre…
Divaguer en forêt ne permet pas une image pérenne ; au retour, la lumière s’estompe, les chimères disparaissent dans le déclin du jour. Reste mon dessin, seule trace tangible de mon passage.
Je quitte la “ grotte ” de la forêt. Mes dessins se veulent des “ gravures ” lumineuses émergeant des labyrinthes végétaux.
C’est la lecture des ouvrages de Jean Clottes, le préhistorien, qui paradoxalement m’a incité à découvrir les “ grottes ” de la forêt. C’est lui qui, dans l’un de ses ouvrages, fait le parallèle entre grotte préhistorique et grotte de la forêt quand dans ses frondaisons, particulièrement dense, la lumière passe très peu.
Son observation des parois des grottes préhistoriques lui a fait comprendre que nos ancêtres de la préhistoire se servaient, déjà, des irrégularités des parois pour dessiner. Ses irrégularités leurs permettaient d’accrocher opportunément leurs dessins sur la paroi.
Ghislaine Lejard, après avoir beaucoup écouté mes récits de divagations en forêt,
accompagne mon exposition d’un poème
« Avoir l’oreille aussi éveillée que les yeux », pour l’écouter, scannez le QR code ci-joint.
L’expo commence le 19 janvier, jusqu’au 14 février.
Pour découvrir les 20 dessins exposés, rendez-vous à
La Maison MLB
42 route des Gardes à Meudon
Prendre le train à Montparnasse, ligne N, descendre en tête de train à la gare de Bellevue.




