JLC présente notre 2e exposition
Sur le Motif , en ce doux mois de juin c’est une promenade en bord de Loire, près d’Amboise et ses environs. Il s’agit de capter cette douceur tourangelle. Rien dans ces paysages ne suggère violence, contraste, cavernes. Et pourtant.
A regarder de près et y prêter attention, çà et là, au bord du fleuve et même sur les hauteurs, les paysages, les bâtisses prennent des aspects aux profondeurs sombres, des violences colorées, des sols en mouvements.
C’est ce que suggère mon regard, alors mes bâtons de pastel s’échappent ainsi vers des horizons autres qu’une simple vue environnante voudrait voir. Les bords de Loire, à l’apparente immobilité de la végétation et du fleuve, sont alors secouée de violents tourbillons de vent et de remous scélérats.
Et même, des édifices inopinés tremblent sur leurs fondations, ainsi la Pagode de Chanteloup, grêle balise penchée d’un merci collectif. Sa fragile immobilité, alors, redonne, dans un ciel limpide, du sens à la paisible Touraine.
Gabriel B. partage ses ressentis …
Travailler sur le motif a quelque chose d’inspirant… La Nature nous renvoie une envie de la sublimer, de lui rendre hommage par un regard, une interprétation.
La difficulté pour moi repose sur le fait que je ne peux, malheureusement, m’y rendre que rarement au cours de l’année. Concilier vie professionnelle et activité de loisirs n’est pas toujours chose aisée.
Je ressens souvent de la frustration de ne pouvoir dessiner autant que je le souhaiterais. Laisser de longues périodes d’inactivité entre des sessions de dessin, modèle vivant ou paysage, ne facilite pas la progression : le dessin est comme un sport. Il demande de l’entraînement.
Alors un séjour d’une semaine est une bénédiction. L’entraînement reprend, les encouragements des amis artistes donnent du baume au cœur : les premiers dessins sont laborieux mais rapidement la satisfaction pointe à nouveau le bout de son nez…. Après quelques jours de reprise intense, la joie remplace la frustration et la fin de la semaine rime avec plaisir…
















Sylvain nous parle de sa technique picturale…
Quand je suis sur le motif, je travaille essentiellement à l’aquarelle sur chevalet inclinable (incliné le plus souvent à 45°, mais c’est variable) ; J’ai mis au point une installation qui me permet d’être parfaitement à l’aise pour travailler environ deux heures. J’utilise du papier aquarelle pur coton, pressé à froid, de 300g/m2. Mon format de prédilection est le format A3.
Plusieurs étapes sont nécessaires pour réaliser une aquarelle :
1°/ La composition, c’est une étape fondamentale qui conditionne la suite du travail. Comme pour la photo (que je pratique volontiers) je me base sur quelques principes :
A- Le cadre, j’utilise volontiers un petit morceau de carton au centre duquel j’ai découpé un rectangle ; et je balade ce carton devant mes yeux comme pour le viseur d’un 24×36.
B- Le point focal, c’est l’endroit du cadre ou je vais mettre en exergue ce que je veux valoriser, sujet ou partie remarquable du paysage, j’utilise volontiers la technique du quadrillage (deux lignes horizontales et deux lignes verticales), très utilisée dans les compositions photographiques.
C- Je trace la ligne d’horizon, privilégiant la règle du 2/3, 1/3.
D- Je recherche également de belles diagonales, qui vont diriger le regard
E- Je réalise ensuite une esquisse au crayon HB que j’estompe presque complètement, elle me sert à marquer l’horizon, les volumes, le point focal.
2°/ La peinture
J’aime bien la marque russe « Yarka », sinon les tubes de chez Sennelier avec une palette à godets vides. Pour les pinceaux, des petits gris et des pinceaux fins chinois à calligraphie.
Pour les teintes j’utilise les teintes froides pour les arrière-plans (surtout les bleus), les terres pour les plans moyens et les teintes chaudes pour les premiers plans.
3°/ La technique
Je privilégie la technique humide sur humide.
A- Première étape les valeurs, je ne me soucie pas des détails au contraire je floute au maximum, j’estompe et m’aide parfois d’un petit pulvérisateur à parfums pour humidifier certaines zones. A cette étape je soigne particulièrement le ciel car on ne peut plus le corriger !
B- Deuxième étape, les détails, en général au pinceau fin, pour cela j’attends, car là je travaille sur le sec !
Plus les plans sont proches, plus les détails apparaissent et sont nets.
C- Je termine mon aquarelle avec les derniers détails, j’utilise le blanc pris avec un pinceau fin directement dans le tube, de l’encre de chine noire, parfois de la gouache, là également directement au tube, voir même de l’acrylique.
Profitez bien de cette exposition et de la partager….